YOGA

&TROUBLES DE LA SEXUALITÉ

Pourquoi utiliser le yoga en cas de troubles de la sexualité ?

  • Santé sexuelle via la santé physique et mentale

S’il existe très peu d’études empiriques sur les effets du yoga pour les troubles sexuels, la littérature regorge de témoignages et sources non empiriques. Comme expliqué dans les autres fiches, le yoga a des effets positifs sur divers aspects de la santé physique et mentale: baisse de l’anxiété et du stress, régulation de la respiration et de l’attention, stimulation du système parasympathique, facilitation de la relaxation. Tous ces effets sont associés à une amélioration de la santé et la satisfaction sexuelles [1].

 

  • Réinvestir son corps: Acceptation et indulgence

Le yoga est une pratique de l’union, de la réconciliation à soi-même. En yoga, on (ré)apprend à prendre du plaisir à bouger son corps, trouver ce qui nous fait du bien, repérer les tensions et douleurs, et les aborder avec douceur. Cela développe un climat d’indulgence et de bienveillance envers soi et son corps, précieux dans le cadre de troubles de la sexualité. Il permet également d’aller vers plus de contrôle et d’engagement du corps et de ses mouvements, avec une conscience particulière portée sur le périnée et le plancher pelvien, ce qui amène à se réapproprier des segments corporels que l’on avait peut-être désinvestis. Dans une étude d’Impett et al. [2], deux mois de pratique intensive du yoga avaient permis aux participantes femmes de moins objectifier leur corps, et aux participants (hommes et femmes) d’augmenter leur conscience corporelle ainsi que leurs affects positifs, tout en réduisant leurs affects négatifs.

 

  • Présence à l’instant et aux sensations

Le contrôle de l’attention et la pleine présence favorisés par le yoga apprennent à se défaire des ruminations et des inquiétudes, et à être pleinement à l’écoute de ses sensations et de ce qu’il se passe dans l’instant, lors des rencontres sexuelles.

Chiffres clés tirés des études

Une étude de Najafidoulatabad et al. [3] portant sur les troubles sexuels de femmes souffrant de sclérose en plaques a souligné que 3 mois de pratique du yoga, à raison de 8 séances par mois de 60 à 90 minutes, étaient associés à une augmentation de la satisfaction sexuelle. Une étude similaire [4] a été effectuée chez un groupe de femmes souffrant de syndrome métabolique, et a montré des effets positifs sur l’excitation et le désir sexuels. Enfin, Dhikav et al. [5], dans une étude randomisée contrôlée, ont proposé à des hommes souffrant de troubles de l’éjaculation de choisir entre un traitement pharmacologique et une pratique quotidienne (1 heure par jour) du yoga. Après 8 semaines, les membres du groupe “yoga” étaient plus satisfaits de leur situation, et leurs troubles de l’éjaculation avaient diminué significativement, autant que pour ceux du groupe « traitement pharmacologique », sans effets secondaires.

Si vous souhaitez pratiquer seul

Les postures qui favorisent particulièrement le mieux-être sexuel sont celles qui permettent de prendre conscience de, mettre en mouvement, et se réapproprier le plancher pelvien. Pour cela, le Dr Moline [6] recommande la pratique de postures assises sur les ischions comme sukhâsana (posture de l’aisance), de postures d’ouverture des aines comme dvi pâda pîtham (la table à deux pieds), et d’ashvinî mûdra (geste de la jument). Sukhâsana se prend simplement en s’asseyant en tailleur, dos droit. Dans cette posture, resserrer et relâcher successivement le périnée (resserrer le périnée correspond à la sensation de se retenir d’aller aux toilettes).

Pour prendre dvi pâda pîtham, s’allonger sur le dos, genoux pliés, pieds au sol, bras le long du corps. La nuque est longue, le menton rentré. Les pieds sont écartés entre eux de la largeur du bassin, les genoux aussi. Les genoux sont plassés à l’aplomb des chevilles. À l’expiration, rétroverser le bassin pour allonger la région lombaire et la plaquer contre le tapis. À l’inspiration, lever le bassin pour former une ligne oblique des épaules aux genoux. Sur l’expiration, lentement redéposer le dos, comme si on voulait placer une vertèbre après l’autre au sol, décomposer le mouvement, allonger toute la colonne. Pratiquer ce mouvement (monter le bassin à l’inspire, descendre à l’expire) sur quelques respirations, puis s’installer dans la posture bassin levé, pour y rester plusieurs respirations. Les bras allongés repoussent le sol, et aident à maintenir la posture. Il est alors possible de placer un petit coussin entre les genoux, et de le maintenir en pressant les genoux. Dans cette posture aussi, à l’expiration, engager dans le périnée.

Ashvinî mûdra consiste à commander la contraction en début d’expiration de l’anus et des muscles releveurs de l’anus, et leur relâchement en début d’inspiration. Pour sentir cette contraction, il est intéressant de commencer par se placer sur le dos, genoux sur la poitrine, en apânâsana (posture de l’abdomen).

Kundalini et énergie sexuelle

Si le Tantra et le Kundalini Yoga ne se résument aucunement à leurs aspects sexuels, certaines des pratiques qu’ils recouvrent participent à l’épanouissement sexuel [7]. Il s’agit de pratiques individuelles : éveiller la kundalini, forme d’énergie lovée au niveau du centre d’énergie (ou chakra) à la base de la colonne (Mooladhara chakra); mais aussi de pratiques à plusieurs : rencontre énergétique, présence aux sensations. Ne vous attendez pas à pratiquer cela dans un cours de yoga classique! Mais sachez que cela fait partie du panel philosophique et pratique du yoga et, si vous êtes intéressé, renseignez-vous sur le Tantra.

Bibliographie

[1] Brotto, L. A., Mehak, L., & Kit, C. (2009). « Yoga and Sexual Functioning: A Review ». Journal of Sex & Marital Therapy, 35(5), 378-390. [2] Impett, E. A., Daubenmier, J. J., & Hirschman, A. L. (2006). « Minding the Body: Yoga, Embodiment, and Well-Being ». Sexuality Research & Social Policy: Journal of NSRC, 3 (4), 39. [3] Najafidoulatabad, S., Mohebbi, Z., & Nooryan, K. (2014). « Yoga Effects on Physical Activity and Sexual Satisfaction among Iranian Women with Multiple Sclerosis : A Randomized Controlled Trial ». African Journal of Traditional, Complementary and Alternative Medicines, 11(5), 78. [4] Kim, H.-N., Ryu, J., Kim, K.-S., & Song, S.-W. (2013). « Effects of Yoga on Sexual Function in Women with Metabolic Syndrome: A Randomized Controlled Trial ». The Journal of Sexual Medicine, 10(11), 2741-2751. [5] Dhikav, V., Karmarkar, G., Gupta, M., & Anand, K. S. (2007). « Yoga in Premature Ejaculation: A Comparative Trial with Fluoxetine ». The Journal of Sexual Medicine, 4(6), 1726-1732. [6] Moline, L. (2013). « Yoga et médecine: manuel pratique ». Paris : L’Harmattan. [7] Brotto, L. A., Krychman, M., & Jacobson, P. (2008). « Eastern Approaches for Enhancing Women’s Sexuality: Mindfulness, Acupuncture, and Yoga (CME) ». The Journal of Sexual Medicine, 5(12), 2741-2748.

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